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Enquêtes sur l'optique et la photonique

Une étude dans le secteur de l’optique et de la photonique
pour évaluer l’adéquation emploi-formation

 

Opticsvalley, dans le cadre de sa mission de soutien et de dynamisation de la filière optique, a confié en 2002 à l’AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes), une étude pour faire le point sur les besoins en compétences des entreprises et l’adéquation avec le système de formation existant, en vue de préparer l’avenir.

Cette étude a été remise le 12 novembre 2002, dans le cadre de la " Commission Nationale pour les Métiers de l’Optique et de la Photonique " qui vient de se créer, regroupant le GIFO, la SFO et en outre Opticsvalley et les autres pôles optiques français pour mettre en place une politique concertée en faveur de la formation et la sensibilisation aux métiers du secteur.

L’étude a été réalisée sur toute la France à partir :

  • de l’envoi d’un questionnaire à 600 entreprises,
  • d’entretien qualitatifs avec 15 entreprises du secteur,
  • d’entretiens avec les établissements qui dispensent les formations identifiées dans le secteur.

Sur les trois niveaux de qualification (ingénieurs, techniciens supérieurs et opérateurs-techniciens) il apparaît que :

  • les compétences requises décrites par les entreprises apparaissent comme des " compétences croisées " entre la mécanique, l’électronique et l’optique,
  • la rigueur, l’habileté, la méthode et la dextérité constituent les qualités essentielles.

Les grandes tendances :

 Sur les 3 niveaux de qualifications (ingénieurs, techniciens supérieurs et opérateurs) les tendances relevées sont les suivantes :

Ingénieurs :

 Une offre de formation très suffisante et bien répartie sur la France.

- 20 écoles d’ingénieurs identifiées avec une filière plus ou moins importante en optique,

- 28 DEA et 16 DESS tournés vers l’optique.

Des carences de ces filières sont relevées par les entreprises dans les matières comme le management, les connaissances commerciales, la conduite de projet, l’anglais, les connaissances terrains et la culture mécanique.

Techniciens supérieurs :

  • 9 BTS Génie optique avec option " optique instrumentale " et 4 BTS Génie optique option " photonique " dans 11 sites scolaires différents répartis plus ou moins harmonieusement en France.
  • Le DUT Mesures physiques est réparti correctement dans 25 IUT sur l’ensemble du territoire.
  • 5 Licences Professionnelles peu connues des entreprises et dont le positionnement hiérarchique dans l’entreprise est difficile à appréhender.

Il ressort une bonne adéquation entre ces deux premiers diplômes et la demande des entreprises :

  • Le BTS Génie Optique apparaît comme le diplôme requis dans le secteur. Les entreprises semblent attachés aux 2 options : pour les entreprises télécom et lasers : option photonique ", pour les entreprises qui réalisent les instrumentations et les mesures : option " optique instrumentale ".
  • Le DUT de mesures physiques est très apprécié pour les mesures et les calculs ainsi que pour l’ouverture et la capacité d’analyse.
  • Il conviendrait cependant de renforcer les contenus optiques dans certains IUT, notamment ceux proches d’un tissu économique " optique ".

Opérateurs :

Il n’existe plus de filière professionnalisante en " optique " pour des opérateurs : le BEP du Lycée Fresnel Opticien de précision a disparu il y a 2 ans. Il n’y a pas de bac professionnel.

Il existe :

  • deux baccalauréats dans la filière technologiques : le bac STI génie optique et le bac STL Physique des laboratoires dans 34 sites différents. Mais ces diplômes dirigent vers les études supérieures de niveau BTS et ne sont pas des diplômes qui favorisent accès à la vie professionnelle.
  • un CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) qui a été mis en place par la Branche professionnelle au Lycée Fresnel et qui ne fonctionne pas.

Il faut distinguer deux activités différentes :

  • l’activité de polissage du verre et de contrôle correspondant au métier d’opticien de précision
  • l’activité de montage, réglage, contrôle des composants optiques et optoélectroniques.

Les entreprises identifient pour ces deux types d’activités un réel problème : il n’y a pas de diplôme adapté aux besoins en compétences :

  • les besoins en compétence sur l’activité de polissage sont très spécifiques et la disparition du BEP Opticien de précision pose la question suivante : comment pérenniser ce métier dont un petit nombre d’entreprises a besoin ?
  • le besoin en compétences sur l’activité de montage, réglage de composants optiques et optoélectroniques nécessite des associations de compétences mécaniques, informatiques.

Les perspectives économiques

 Après une croissance sans précédent depuis 1996, le secteur de l’optique fait face actuellement à un retournement de conjoncture important essentiellement dû au recul du marché des télécommunications. Ce segment qui représente environ 15% du marché de l’optique ne doit pas cacher les autres secteurs qui ne sont pas affectés par la crise et font preuve d’un dynamisme étonnant, tel Essilor, Thales ou SAGEM.

Les nouveaux marchés tels que le spatial, la défense, l’automobile, la microélectronique ou la biophotonique, sont autant de secteurs où les entreprises développent des activités en optique et ont besoin de compétences dans le domaine.

La plupart des analyses tablent sur un redémarrage de l‘activité Télécom en 2004 et 2005. Aussi devons-nous dès maintenant structurer les filières de formations et préparer les compétences qui permettront aux entreprises de relever les défis technologiques et économiques de la reprise.

Les préconisations

 L’étude identifie 6 préconisations qui seront explorées par la " Commission Nationale aux Métiers de l’Optique et de la Photonique " pour aboutir sur des actions concrètes de structuration de la filière optique :

  1. Développer les formations en alternance (contrats d’apprentissage-contrats de qualification) aux trois niveaux (opérateurs, techniciens et ingénieurs).
  2. Mettre en œuvre des actions de sensibilisation aux métiers de l’optique et plus particulièrement de l’optique de précision.
  3. Mettre en place une ingénierie du titre (niveau V et IV) en optique de précision correspondant aux activités d’opérateurs/techniciens de production optique.
  4. Envisager de créer dans les régions qui en ont besoin une année spéciale en alternance venant en complément de formation initiale de niveau V ou IV en usinage /productique.
  5. Mettre en place, avec le GIFO, un Contrat d’Etude Prospective au niveau régional ou national.
  6. Poursuivre le travail démarré autour du bac Professionnel Microtechniques pour intégrer des savoirs optiques à côté des savoirs en mécanique.



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